Clap Ciné

[09-11-2018]


Chaque mercredi, à 14h, André Ceuterick vous livre sa critique de deux des sorties ciné de la semaine. A lire ici :

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Sorties du 7 novembre

Kursk

Thomas Vinterberg, l'excellent réalisateur danois de "Festen" et "La Chasse", retrace ici la tragédie du Kursk, ce gigantesque sous-marin à propusion nucléaire, orgueil de la Flotte du Nord de la Marine militaire russe, qui a subi des explosions internes pendant un grand exercice naval, en août 2000. Le sous-marin s'abîma sur les fonds des eaux de la mer arctique des Barents. Des 118 marins à à bords, 23 seulement ont survécu à la déflagration et ont lutté pour survivre en attendant les secours.

Le film de Vinterberg ne concerne pas un fait de guerre, mais plutôt un drame militaire qui est traité prioritairement au niveau humain, de ces marins piégés par la défaillance de leur navire, de ces familles en proie à l'angoisse et au désespoir, de ces gradés anglais et russes, face à leurs consciences.

Le point de vue choisi par Vinterberg est assez original dans la mesure où une grande partie du film est vécue à travers les yeux d'un enfant, le fils du commandant du Kursk, ce qui donne une sorte de pureté, d'innocence et de vérité au récit.

Certes, l'histoire a aussi une connotation politique, puisqu'on voit les généraux russes refuser l'aide de la marine anglaise pour "raison d'état", mais Vinterberg n'en fait pas un film d'accusation et de jugement sur la responsabilité politique en tant que telle même si on peut penser que Poutine, qui était au pouvoir depuis 100 jours, soit directement intervenu (on ne le voit pas dans le film).

On est ému, touché, indigné de ce qui s'est passé à l'époque.



Pour la petite histoire, c'est le comédien belge Matthias Schoenaerts qui a proposé le livre original (A Time to Die) à Vinterberg. Il joue le rôle principal, avec Léa Seydoux, Colin Firth et Max Von Sydow.


Un amour impossible

Catherine Corsini aime bien les belles comédiennes de chez nous : après avoir dirigé Cécile de France dans "La Belle saison" il y a deux ans, elle offre cette fois à Virginie Efira le très joli premier rôle de cet "Amour impossible" adapté du roman de la bien connue Christine Angot, où elle a pour partenaire Niels Schneider.



Dans cette histoire, qui se situe à la fin des années 50 à Châteauroux, elle joue le rôle de Rachel, une modeste employée de bureau qui rencontre Philippe, brillant jeune homme issu d'une famille bourgeoise. De leur liaison, brève mais passionnelle, naît une petite fille, Chantal. Philippe refuse d'épouser Rachel, car elle n'est pas de la même classe sociale que lui. Elle doit donc élever leur enfant toute seule mais se bat pour que Philippe lui donne au moins son nom. Une bataille longue et âpre, aux funestes conséquences...

Catherine Corsini démontre un excellent sens de la narration qu'elle articule autour de 3 grands segments : l'histoire d'amour entre Rachel et Philippe, la solitude d'une femme qui prend des coups, se relève, réussit à faire face pour élever sa fille et la révélation d'un rapport scabreux entre le père et l'enfant devenue adolescente.

Un admirable portrait de femme donc mais aussi celui d'un homme pervers, narcissique, à double face puisque le mal se cache derrière la beauté.

Et c'est aussi la vie de leur enfant qui défile sous nos yeux : Chantal bébé, adolescente, adulte, au destin imprévisible et peut-être encombrant.

Avec, aussi, Niels Schneider dans le rôle de Philippe.



Toujours à l'affiche

Bohemian Rhapsody



Un bopic musical et hagiographique sur le groupe Queen et surtout son chanteur emblématique Freddie Mercury, mort en 1991.

A son époque, Mercury a défié tous les stéréotypes, a brisé les conventions et révolutionné la musique. On revit ainsi son ascension, son succès fulgurant, ses excès, ses crises personnelles qui ont failli faire exploser le groupe à plusieurs reprises, puis son retour triomphal sur scène, lors du concert Live Aid, alors qu'il était déjà frappé par la maladie.

Le fil, réalisé par Bryan Singer (la série des X-Men, Superman Returns, Usual Suspects), consiste en un biopic assez traditionnel, avec les clichés du genre, réalisé de manière assez poussive et académique, mais quand même bien rythmé grâce à la musique de Queen évidemment.

Le réalisateur et les scénaristes ont quand même dépassé le niveau de la simple reconstitution pour cerner la personnalité profonde de Mercury, l'homme deerrière l'icône, avec ses envolées, ses fêlures, ses conflits intérieurs, son impatience aussi. C'est l'élément le plus percutant (hors musique) du film, grâce à l'interprétation 'habitée' de Rami Malek, dont la ressemblance physique avec Mercury est assez troublante également.

Un film de cinéma en demi teinte, donc, mais qui permettra aux nouvelles générations de (mieux) connaître l'un des groupes mythiques de la fin du 20ème siècle et la légende "Mercury".




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